Des Présidentielles

jeudi 5 mai 2016
par  Atheïsme International

Dans un an exactement nous serons appelés à désigner un nouveau président à notre République.

Pour tout citoyen, un moment grave, un acte important, mais aussi une mauvaise habitude prise depuis 1958 et qui aujourd’hui s’essouffle et perd toute crédibilité par manque de démocratie.

C’est qu’en effet beaucoup d’entre nous gardent en mémoire qu’à cette époque ils n’avaient pas approuvé, tel le PCF, cette Constitution du 28 septembre 1958 qui donnait au président beaucoup trop de pouvoirs, et restaient convaincus qu’une Constitution doit « repousser les attaques de l’ambition et du despotisme », suivant en cela l’avis de Robespierre.

Si ce n’est pas vraiment du despotisme, ce n’en est pas loin : c’est un pouvoir personnel dont usent et abusent les présidents élus qui se sont succédé depuis dans cette fonction. : « Si je suis élu je ferai… » entonnent déjà les prétendants !

Alors la question se pose : peut-on encore participer à cette élection présidentielle, si elle n’est pas immédiatement suivie d’un changement de Constitution fondant une République parlementaire, sociale et redonnant un réel pouvoir au peuple ?

C’est dans ce sens ( voir ici : Des présidentiables, 24/01/2012 ) que nous avions choisi le vote Front de Gauche en 2012 car son programme L’Humain d’abord, répondait aux vœux que nous formulions, et que nous formulons encore, pour une nouvelle Constitution et une France foncièrement laïque.

Or, rien de cela, malgré l’appel à voter sans condition pour le candidat socialiste, ne s’est produit ; celui-ci très satisfait de récolter les quatre millions de voix des électeurs du FDG, les ignora subito.

Ainsi, pour ce qui nous concerne en premier ici, dans le non-respect, et même peut-on dire dans le total mépris de la laïcité ; alors que pendant sa campagne électorale il s’afficha comme un fervent défenseur de la loi de 1905, la croix chrétienne remise l’année dernière par son autorité sur le dôme du Panthéon, restera dans l’histoire de la France, comme le symbole de sa trahison républicaine.

Aujourd’hui dans le flou impressionnant de contestations diverses du régime, certains courants politiques évoquent, dans un style quelque peu puéril, sans doute plus motivés par les coïncidences de dates que par la prospective des idées, comme un exemple d’issue possible à cette République, le Front populaire de 1936, qui fut « une expérience transformatrice » pouvant « inspirer un mouvement social à réinventer ». ( l’Humanité, 25/04/2016 )

Certes oui, il y a similitude dans le sens où les socialistes étaient au pouvoir avec comme chef du gouvernement Léon Blum ; mais le Front populaire n’a jamais été une tactique occasionnelle ni un calcul électoral, et la France sociale d’alors n’est pas, mais alors pas du tout, la France sociale d’aujourd’hui, même si les socialistes, eux, demeurent toujours des socialistes.

Il y avait alors une très puissante opposition sociale des travailleurs ( un seul exemple : 30 000 ouvriers syndiqués chez Renault à Billancourt ), alors qu’à présent il n’y a, grâce aux présidents de droite comme de la gauche socialiste cédant aux désirs du Patronat, que des Très petites, Petites et Moyennes entreprises éparpillées un partout dans les ZAC de nombreuses communes, dont la plupart sont dépourvues de syndicats et s’ignorent les unes des autres ; comment dans ces conditions, avec des syndicats aussi faibles, ayant peu d’influence, concevoir une grève générale permettant de contenir les exigences des monopoles financiers, comme ce fut le cas en mai-juin 1936. Car c’est là toujours le but clairement affiché du capitalisme mondialisé : affaiblir au maximum toute opposition, donc la disparition des syndicats et des partis réellement en lutte contre lui.

Et Léon Blum n’est pas non plus un exemple de référence en matière de « socialisme » et de lutte contre les patrons, les « deux cents familles » qui dominaient alors l’économie et la politique française ; il suffit pour cela de rappeler brièvement qu’il prit l’initiative dès août 1936 de la « non-intervention » d’aide au Front populaire espagnol en lutte contre le fascisme de Franco et qu’en septembre 1938 il approuva les accords de Munich qui livraient la Tchécoslovaquie à Hitler.

Aussi est-on inévitablement amené à bien réfléchir sur ce qui s’est passé, sur ce qui se passe dans les relations politiques avec les socialistes, de Blum à Hollande en passant par François Mitterrand, pour comprendre ce qui doit se passer dans un an.


Commentaires

Logo de Atheïsme International
Des Présidentielles
samedi 3 septembre 2016 à 23h30 - par  Atheïsme International

Souvenez-vous !

La 71ème session de l’Assemblée générale de l’ONU s’ouvrira ce 13 septembre à New-York.
De toute évidence le président Hollande s’y rendra, car sur le plan international, dans le genre droit d’ingérence sur une nation souveraine, il aura certainement de quoi dire.

Malgré l’appel du FDG en 2012, dont nous soutenions le Programme, à voter pour lui au deuxième tour, nous n’avons pas nécessairement suivi la consigne car nous pensons qu’une nation, et pire si ce sont des socialistes qui gouvernent, qui en opprime une autre, n’est pas une nation libre.

La lecture ci-dessous de cet extrait de sa Déclaration devant la même Assemblée le 25 septembre 2012, trois mois après son élection à la présidence de la République, doit rester présente dans la poursuite de la réflexion sur sa politique, tant intérieure avec le non-respect de la laïcité, qu’extérieure en bon valet de l’impérialisme.

« …Nous devons agir. Agir ensemble et agir vite, car il y a urgence.
La première des urgences s’appelle la Syrie.

L’Assemblée des Nations unies a plusieurs fois dénoncé les massacres perpétrés par le régime syrien, demandé que les responsables des crimes commis soient jugés et souhaité une transition démocratique. Mais encore aujourd’hui le calvaire de la population se poursuit. 30 000 morts depuis 18 mois. Combien de morts encore devons-nous attendre avant d’agir ? Comment admettre cette paralysie de l’ONU ?

J’ai une certitude : le régime syrien ne retrouvera jamais sa place dans le concert des nations. Il n’a pas d’avenir parmi nous. C’est pourquoi, j’ai pris la décision au nom de la France de reconnaitre le gouvernement provisoire, représentatif de la nouvelle Syrie, dès lors qu’il sera formé. Ce gouvernement devra lui-même donner des garanties pour que chaque communauté en Syrie soit respectée et puisse vivre en sécurité dans leur pays. »

Logo de Atheïsme International
samedi 17 septembre 2016 à 21h19 - par  Atheïsme International

Oui, aujourd’hui, ces propos d’un président d’une république laïque, tenus au sein d’une assemblée internationale et adressés au président d’une autre république laïque, nous interpellent et nous inquiètent par leur ton, tellement il paraît éloigné tout à coup des comportements et des relations entre nations, dictés avant tout par une raison basée sur un égal respect et sur une certaine notion de démocratie.
En effet, ils ne sont pas sans nous rappeler une époque où les tenants du pouvoir directorial s’exprimaient dans une phraséologie finalement pas si éloignée, qu’on pourrait transcrire par exemple, dans le cas présent, de la manière suivante :

François III, par la grâce de Dieu Roy de France,
à tous présents & avenir, salut.
Scavoir faisons que par l’advis & conseil de nostre très honorée Dame & mère, des Princes, Seigneurs & gens de notre conseil,
- Avons statué & ordonné, statuons & ordonnons ce que s’ensuit ; déclarons, voulons & ordonnons & nous plaît que :

Le régime syrien ne retrouve jamais sa place dans le concert des royaumes.

- car tel est notre plaisir.

En attendant que Dieu nous fasse la grâce de le pouvoir réunir & remettre en une seule même bergerie, qui est tout notre désir & principale intention.

Youri

Logo de Laurent Gensac
Des présidentiables
lundi 20 juin 2016 à 19h18 - par  Laurent Gensac

Onfray le solitaire 2

A quelques jours du 1er Tour des élections présidentielles de 2012, Michel Onfray avait exprimé son intention de vote dans le Nouvel Observateur sous le titre « Pourquoi je ne voterai pas Mélenchon ». Personne ne lui demandait rien, mais, comme d’autres intellectuels et « philosophes » appelaient à voter pour le candidat du Front de Gauche, il s’est senti obligé d’avertir la population de sa position.
Déçus par son intervention médiatisée et si tardive, trop à contre-courant d’un programme L’Humain d’abord qui demandait, et qui demande toujours, qu’on s’y intéresse davantage, nous avions réagi à ses déclarations dans un commentaire intitulé Onfray, le solitaire.
( voir ici dans : Des présidentiables, 24 01 2012 )
Or, il se trouve que le professeur de philosophie vient de publier ce mois de mars, on connaît sa prodigalité en ce domaine, un nouveau livre intitulé Le Miroir aux alouettes : principes d’athéisme social  ; il y fait une analyse juste et radicale des évènements politiques et sociaux de ces dernières années, passant en revue les positions des uns et des autres, personnages et mouvements politiques, et y insère parallèlement son propre parcours de professeur et d’homme, en racontant à l’instar de son grand maître Nietzsche comment il est devenu ce qu’il est : « J’essaie de penser et de comprendre. Seul, pas en meute. Solitaire pas en bande. En homme libre. » ( p. 198 )
Rassurés d’avoir porté sur lui une si juste appréciation dès 2012, on ne peut aujourd’hui que la conserver et titrer notre commentaire : Onfray, le solitaire 2.

Aves de tels aphorismes, comment ne pas évoquer le héros rostanien : « être seul, être libre / avoir l’œil qui regarde bien, la voix qui vibre…Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul. » ; d’ailleurs il s’interroge, comme lui « Que faire, donc ?... Mais que faire si on veut être libertaire ? » et Cyrano déclamait : « Et que faudrait-il faire ? Chercher un protecteur puissant…Dédier comme tous ils le font des vers aux financiers… Grimper par ruse, au lieu de s’éléver par force ? ».
Alors il précise sa méthode : « Moins et mieux intervenir. Choisir mes lieux. Cesser de croire que j’ai le devoir de porter une parole minoritaire et, pour ce faire, de m’exposer tout seul. »

Certes, sa solitude n’est pas dans le panache, mais dans l’individualisme philosophique et social d’un Proudhon, ou d’un Camus qui faisait dire de son héros Jonas, qu’il « avait seulement écrit, en très petits caractères, un mot qu’on pouvait déchiffrer, mais dont on ne savait s’il fallait y lire solitaire ou solidaire. » ; il réaffirme bien entendu son athéisme, athéisme « social » précise-t-il, son immuabilité à la raison et se « trouve plus en adéquation avec le matérialiste Démocrite ou l’hédoniste Epicure, l’atomiste Lucrèce ou le sage Montaigne que chez les vendeurs de fables. » ( p. 183 )

Autant de penseurs auprès desquels nous sommes aussi très nombreux à nous trouver naturellement très bien, sans être pour autant des solitaires ; à l’instar de Marx, l’athée, qui dès 1841, il a alors vingt-tois ans, bâtit sa thèse de philosophie sur le couple Démocrite-Epicure.
Certes Proudhon écrira en 1840 : « La propriété c’est le vol. », mais Marx et Engels iront plus loin dans l’analyse politique et économique de la société et affirmeront en 1848 la nécessité même de : « l’abolition de la propriété privée. » ; Marx avait déjà, dès 1843 discerné le caractère de classe de la société « bourgeoise » exprimé nettement dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, par la séparation radicale entre la « société civile » et la « sphère politique ». ( Voir ici La Question juive )

Enfin lorsqu’il parle des guerres qui se succèdent d’Asie jusqu’au Proche et Moyen Orient depuis 2001, dirigées de main de maître par les USA et avec lesquels la France s’est engagée par l’intermédiaire de la Coalition arabo-occidentale, il en demeure aux apparences ; il sait très bien, mais on ne comprend pas pourquoi il ne l’écrit pas, que toute guerre est la continuation d’une politique d’une autre manière  ; que cette politique est basée sur l’expansion de l’économie capitaliste occidentale aux dépends de nations mineures militairement et qui deviennent donc des proies plus ou moins faciles à déstabiliser en opposant les citoyens entre eux, en s’appuyant sur les forces réactionnaires du pays et en les armants même, comme c’est le cas en Syrie avec le soi-disant EI, qu’ici, dès le départ nous avons identifié comme le Cheval de Troie des USA. Le religieux n’est que le prétexte, comme toujours ; l’objectif réel des USA comme de la France étant que le pétrole d’Irak parvienne jusqu’en Europe via la Syrie : très juteux pour le « pétrodollar » mais défavorable à la Russie.
Un point c’est tout.

On sait qu’avec cette politique économique 1% de la population mondiale possède 46% des ressources disponibles et que 50% de la population ne possède rien.
Pour inverser ces logiques antidémocratiques, il ne faut pas s’isoler mais bel et bien se grouper et dénoncer la propriété privée des richesses naturelles de la planète par le capitalisme mondial.
Tous les produits naturels de la Terre l’eau, l’air, la terre, le pétrole, le gaz et les métaux précieux de son sous-sol, n’étant pas le résultat du travail de l’homme ne peuvent appartenir en aucune façon à un Etat ou une Nation en particulier, encore moins à des firmes ou des familles. Leur exploitation et leur distribution doivent être publiques et non privées et gérées
par une organisation internationale selon les besoins de chaque nation.

Ainsi par « l’abolition positive de la propriété privée, l’appropriation de la vie humaine, signifie donc la suppression positive de toute aliénation, par conséquent le retour de l’homme hors de la religion, de la famille, de l’État, etc., à son existence humaine, c’est-à-dire sociale. L’aliénation religieuse en tant que telle ne se passe que dans le domaine de la conscience, du for intérieur de l’homme, mais l’aliénation économique est celle de la vie réelle – sa suppression embrasse donc l’un et l’autre aspects. »
C’est là l’avis du réaliste Marx dès 1844 ; « ni optimisme aveugle, ni pessimisme paralysant. » comme le conseillait aussi Jaurès.
C’est le seul moyen de stopper toute guerre, donc tout soi-disant terrorisme religieux et d’établir une réelle égalité entre les nations. Donc la paix.

Commençons par débarrasser l’espace politique du-dit socialisme français – que Monsieur Valls veut transformer en « Parti social-réformiste » – avec en point de mire, comme c’est dit ici, une nouvelle Constitution dans laquelle le « mandat impératif » sera réhabilité.
Pour cela la présence de chacun est indispensable.

Laurent Gensac

Logo de Olivia Dune
Des Présidentielles
mercredi 11 mai 2016 à 10h22 - par  Olivia Dune

Ah ! nous avons vu juste en remettant à l’ordre du jour cette Constitution antidémocratique de 1958 : l’acharnement du gouvernement à vouloir utiliser en ce moment même son Article 49-3 pour adopter une loi contre la volonté du peuple, en est un bon exemple.

Alors à titre d’information, et d’instruction civique, nous portons à la connaissance de tous, le texte de ce qu’on ( les politiques comme les journaleux ) appelle en raccourci : l’Article 49-3.

En vérité il s’agit, dans le TITRE V de la Constitution intitulé : Des rapports entre le Parlement et le gouvernement, de l’Article 49, et dans cet Article du texte du troisième alinéa, autrement dit du troisième paragraphe :

« Le Premier ministre peut, après délibération du Conseil des ministres, engager la responsabilité du gouvernement devant l’Assemblée nationale sur le vote d’un texte. Dans ce cas, ce texte est considéré comme adopté, sauf si une motion de censure, déposée dans les vingt-quatre heures qui suivent, est votée dans les conditions prévues à l’alinéa précédent*.

Le Premier ministre a la faculté de demander au Sénat l’approbation d’une déclaration de politique générale. »

*« Le vote ne peut avoir lieu que quarante-huit heures après son dépôt. Seuls sont recensés les votes favorables à la motion de censure qui ne peut être adoptée qu’à la majorité des membres composant l’Assemblée. Si la motion de censure est rejetée, ses signataires ne peuvent en proposer une nouvelle au cours de la même session, sauf dans le cas prévu à l’alinéa ci-dessous. »

On remarquera en outre que l’Article mentionne textuellement « le vote d’un texte.  », mais qu’il ne précise absolument pas son sens par le complément déterminatif loi.

Il paraît alors abusif d’utiliser cet Article dans un sens qu’il n’a pas.

Chacun appréciera.

Olivia DUNE

Brèves

7 novembre 2012 - émission " OUVERT LA NUIT " diffusée par France Inter.

à l’attention de Monsieur Alexandre Héraud
Bonjour,
Dans votre émission d’hier soir (mardi 6 nov. (...)

25 avril 2008 - L’Opium du Peuple

Notre ouvrage :
format:15x24 cm
324 pages
Prix 22 Euros EN VENTE DANS TOUTES LES LIBRAIRIES (...)

17 avril 2007 - Laïcité universalité

Ainsi c’est donc fait : c’est le pire des deux candidats à la présidence de la République qui a été (...)

4 décembre 2005 - La Laïcité "vache à lait"

Sous prétexte de débat TV sur le thème de la Laïcité nous avons une fois de plus assisté aujourd’hui (...)