Du foot au camion fou

lundi 18 juillet 2016
par  Le Président

Les travailleurs qui ont manifesté ce printemps par de nombreux et puissants défilés dans toute la France pour exprimer leur opposition à la politique sociale du gouvernement, n’ont pas été entendu ; ils sont même passés pour des gens dangereux au point d’être contrôlés, fouillés, escortés, toisés, surveillés de très – trop – près par des milliers de policiers.

Ah ! Ils ne sont pas l’exemple à montrer et à suivre, ils ne sont pas ceux qui vont mobiliser l’attention générale afin de resserrer les liens étroits de l’ « unité nationale », de ranimer l’esprit de la France !

Les socialistes Hollande et Valls, serviteurs du Capital, tout comme la droite, n’attendent rien de ces français-là, sinon qu’ils cessent de troubler l’ordre : cette loi-travail « passera sans compromis sans débat ». C’est clair et net.

Ils furent étrangement moins catégoriques dans le respect de l’article 28 de la loi de 1905 ( voir ici Laïcisation du Panthéon – 5 ) qui stipule qu’ « Il est interdit d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics » ; après la restauration du dôme du Panthéon ils replacèrent une croix chrétienne toute neuve sur le dôme de ce Monument public. La fourberie, c’est là l’un des signes les plus récurrents des socialistes. Ils ne sont « socialistes » que pour accéder au pouvoir grâce aux voix de « gauche » et mener ensuite une politique de droite la plus bourgeoise et la plus rétrograde qui soit, tout en garnissant au passage leurs portefeuilles et ceux de leurs amis.

Afin de rameuter la nation tout entière derrière eux ils avaient misés à fond, avec l’appui de l’ensemble des médias, fidèles serviteurs, sur les succès des footeux dans l’Euro ! « Ces bleus qui gagnent à être aimés »… Et paf ! « C’était pas notre jour ». La pilule est dure à avaler et les liesses, les rencontres, les poignées de mains élyséennes ont tourné court. L’unité nationale s’effondre. Les joueurs aussi paraissaient bien dépité par leur défaite, malgré tout ils repartirent avec en poche une prime pour chacun de 250 000 €, et s’ils avaient gagné ils auraient eu 300 000 € ; allez ! Ils n’ont pas tout perdu…

On a beau dire, il y a là quelque chose qui touche à l’indécence au regard des malaimés qui bataillent contre la loi-travail.

Dans la foulée vint la Fête nationale ; trop proche de la frustration ludique elle tourna au désordre politique du gouvernement où l’un tire à hue, l’autre à dia, et avec un défilé où seule la « force » était omniprésente. Mais peut-on espérer rassembler avec une telle symbolique… certainement pas. La paix oui, la guerre non. Et puis le 14 juillet, oui le 14 juillet qu’est-ce que c’est ? On devrait plutôt à cette occasion rafraichir les mémoires, plutôt que de voir des militaires et autres policiers balancer les bras avec leur flingue sur l’épaule et 200 jeunes chanter la Marseillaise sans en connaître son vrai sens. Mais enseigne-t-on encore l’Histoire…

Une chose est sûre « nous sommes en guerre » toujours en guerre, continuellement en guerre répètent les deux directeurs de conscience socialistes ; mais contre qui ? Et pourquoi ?

La duperie sur le sujet n’est plus à démontrer. Voir ici les différents textes intitulés : Le Cheval de Troie des USA.

Alors surgit d’un coup le « camion fou » de Nice, qualifié aussitôt d’ « attentat » par les chiens de garde de toutes les chaînes médiatiques et bien entendu aussi par les hommes politiques. Cependant les autorités municipales, et son environnement immédiat, précisèrent et répétèrent tout de suite tout au long de la journée et après, que le chauffeur du camion n’était pas « connu des services de renseignements » et que son nom « n’apparaît, ni de près ni de loin, dans aucun dossier de terrorisme. » et que dans sa famille et ses proches « il est connu comme quelqu’un de gentil ». Pourtant les médias continuent le forcing et ne cessent de parler d’ « attentat islamique » bien que selon l’AFP le 15 juillet à 23h « les publications du groupe jihadiste ne mentionnent pas la tuerie de Nice qui a coûté la vie à au moins 84 personnes ». Pourtant cela n’empêchera pas le premier Ministre de déclarer le même soir sans preuve que « L’auteur de l’attentat de Nice est sans doute lié à l’islamisme radical. »

Il ne viendrait à l’idée de personne que ce jeune homme ait pu avoir, pour des raisons personnelles : un divorce en cours qu’il vivait mal, ce qui était le cas, un dérèglement psychique qui l’aurait conduit à un acte de vengeance et de désespérance contre ceux qui de toute évidence étaient à l’opposé de lui, c’est-à-dire dans la joie, dans le bonheur.

Quand en 1999, après avoir joué au bowling de Littleton de 2h à 6h du matin, deux lycéens entrèrent dans leur lycée de Columbine dans le Colorado munis de leur fusil et massacrèrent 12 de leurs copains, on ne parla pas d’attentat.

Non à Nice c’est un attentat islamique. Qu’on se mette bien ça dans le crâne !

D’ailleurs il a été revendiqué illico samedi par l’agence de presse de l’organisation terroriste ( Amaaq )

Quand on sait qui est ce soi-disant Etat islamique, ce Cheval de Troie de la Coalition arabo-occidentale, on comprend mieux la rapidité du message. La guerre contre Bachar el-Assad doit continuer. Le pétrole irakien doit venir jusqu’en Europe pour le plus grand profit du pétrodollar, cela à n’importe quel prix. Celui de prolonger encore un état d’urgence dans notre pays.

Mais nous, dans ce cas-là, nous ne portons pas le même deuil.


Commentaires

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Du foot au camion fou
mercredi 27 juillet 2016 à 22h33 - par  Olivia Dune

La mort du prêtre et la République

Après la tuerie du mardi matin 26 juillet en l’Église de Saint-Etienne-de-Rouvray, le président de la République a déclaré à la télévision à 20 heures que « Attaquer une église, tuer un prêtre, c’est profaner la République. » ( Le Figaro )

En s’exprimant de la sorte, malgré la compassion tout à fait naturelle et partagée d’ailleurs par l’ensemble des citoyens, il associe d’une manière illégale le prêtre et son église à la République ; c’est oublier en effet qu’une séparation existe légalement entre la République, la « chose commune à tous », et les Églises ; même si elle assure à tous la liberté de conscience et si elle garantit la liberté des cultes, ce n’est qu’aux « seules restrictions qu’elle n’en reconnaît, ne salarie, ne subventionne aucun » et ceci « dans l’intérêt de l’ordre public ».
Déjà Hugo en 1850 demandait devant l’Assemblée « Je veux l’État laïque, purement laïque, exclusivement laïque… l’Église chez elle, l’État chez lui. » et pourtant il était déiste.

Si bien que pour la République française le fait de tuer le ministre d’un culte, quel qu’il soit, fût-il curé, rabbin ou imam, ou autre gourou est seulement du ressort de l’homicide, de la justice et ne peut être considéré comme une profanation de la République : la prêtrise de cet homme relevant du strict domaine de sa vie privée et non de la sphère publique.
Mais déroger à la loi de 1905 concernant la Séparation des Églises et de l’État pour un président de la République, même socialiste, n’est pas pour nous surprendre ; l’exemple, une fois encore est donné au haut niveau de l’État. ( Voir ici notamment : LAICISATION DU PANTHEON (5) ).
Rappelons-nous aussi son prédécesseur avec sa « laïcité positive » et son Discours de Latran dans lequel il déclarait que « dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur. »

Alors citoyennes, citoyens ! Montons la garde devant la loi !

Olivia Dune

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jeudi 4 août 2016 à 14h33 - par  Gaston Férole

C’est vrai ça !
Monsieur le président de la République française laïque,
remettre une croix chrétienne sur le dôme du Panthéon
monument public
au mépris de l’article 28 de la loi de Séparation des Églises et de l’État qui l’interdit
et que vous ne pouvez ignorer
puisque votre fonction première est de veiller à son respect
n’est-il pas un véritable acte de profanation de la République ?
Si l’exemple vient des autorités elles-mêmes
alors il ne faudra plus s’étonner de rien…

Gaston Férole

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Du foot au camion fou
samedi 23 juillet 2016 à 00h14 - par  sylvaine

Drôles d’attentats pour une drôle de guerre

En effet, La France, rappelons-le, est intégrée dans la « Coalition arabo-occidentale en Irak et en Syrie », coalition bien entendu dirigée par les étasuniens depuis 2014 et dont le but est la lutte contre L’État islamique.
L’agence de journalistes « Airwars » nous apprend que de septembre 2014 à juin 2015, cette coalition a procédé à des frappes aériennes qui ont tué entre 10 000 et 13 000 combattants de L’État islamique, alias Daech, ainsi que plus de 1000 victimes civiles.
Par contre on ne recense à ce jour aucune victime du côté français sur les lieux de bataille, soit en Irak soit en Syrie.
Les seules, nous les connaissons, elles ont eu lieu sur notre territoire, mais ce sont en grande partie des civils et non pas des militaires.

Pourtant notre président de la République déclarait en novembre 2015 : « Nous avons aussi à agir en Syrie. La France a pris cette décision au mois de septembre dernier… nous sommes convaincus que nous devons continuer à frapper Daech en Syrie. Nous allons intensifier nos frappes, choisir des cibles qui feront le plus de dégâts possible à cette armée terroristes."
On est donc en droit de penser que les frappes de cette Coalition militaire arabo-occcidentale, regroupant 18 nations, dont la France, ont pour objectif d’aider militairement la République arabe de Syrie qui, elle, depuis 2012 subit en permanence les assauts, les massacres, les destructions de sites culturels ( Palmyre ) de ce même État islamique.

D’ailleurs les dernières frappes datent des 16 et 17 juillet, en réponse, selon le ministre de la Défense à « l’attentat du 14 juillet à Nice…pour contribuer à éradiquer définitivement ce cancer de Daech …en Irak et en Syrie. »

Y a-t-il eu concertation et accord sur ces frappes entre le président syrien et le président français ?
Ce serait le bon sens. Le président syrien pourrait aussi bien dans ce cas frapper en France un « foyer islamique », ce n’est pas ce qui manque semble-t-il, ( à quoi servirait sinon de prolonger de six mois l’ « état d’urgence » ) avec la même intention de nous aider à éradiquer Daech.
Qui s’en plaindrait ? Personne puisque cette puissante Coalition n’y parvient pas.

Sauf qu’en 2012, lors de son élection à la présidence, François Hollande – rappelons-le – a déclaré à son retour des USA : « Il faut que Bachar el-Assad s’en aille. » Et depuis il ne cesse de répéter cela à qui veut l’entendre ; ainsi a-t-il tenté de convaincre Vladimir Poutine de le suivre dans sa stratégie ; Réponse : Niet. Par contre le président russe a proposé à notre président de l’aider dans la lutte contre Daech en Syrie et en Irak ; Réponse : Non.

En fin de compte , la France frappe Daech mais sans résultat ; c’est donc qu’elle vise mal et qu’ainsi elle maintient l’état de guerre permanent en Syrie par Daech ; moyen dont en vérité elle se sert pour mettre un terme à la République arabe syrienne d’Assad ; ainsi elle satisferait aux vœux des étasuniens qui souhaitent que le pétrole d’Irak parvienne en Europe, via la Syrie.

Alors les « attentats terroristes » déjoués ou non – mis à part celui de Charlie-Hebdo qui était clairement revendiqué contre la caricature de Mahomet – apparaissent dramatiquement comme des prétextes nécessaires ( Le Cheval de Troie : c’est-à-dire « la ruse guerre », toujours légale selon la Convention de Genève de 1949 ) permettant de maintenir l’idée d’un groupe terroriste qui n’est pas ce que l’on prétend, mais qui s’avère efficace dans la déstabilisation et dans la propagande politico-économique de l’impérialisme mondial pour s’installer dans la région et y poursuivre son œuvre de destruction des nations indépendantes au profit d’États soumis ; car ce qui compte en définitive pour lui ce n’est pas seulement l’exportation des marchandises, mais l’exportation des capitaux.

Sylvaine

Le 3 août 2015, Airwars, un collectif de journalistes d’investigation, publie un rapport dans lequel il affirme que 459 à 1 086 civils ont été tués par les frappes aériennes de la coalition en Syrie et en Irak entre le 23 septembre 2014 et le 30 juin 2015. De plus, 111 à 185 soldats appartenant à des forces alliées ont également été tués par des tirs fratricides. Airwars indique également que selon des estimations officielles les pertes de Daech seraient de 10 000 à 13 000 morts. Au total, la coalition a mené 4 924 frappes104,105,106. Au 1er décembre 2015 Airwars donne les chiffres suivants : 8 599 frappes aériennes — dont 5 653 en Irak et 2 946 en Syrie — 28 579 bombes et missiles largués, 23 000 djihadistes de l’État islamique tués — estimations données par la coalition — 126 à 200 soldats alliés victimes de tirs fratricides et entre 682 et 2 104 civils tués107.

Toujours selon Airwars, le Canada est le seul État membre de la coalition à donner systématiquement le lieu et la date de ses frappes aériennes, ce qui permet d’établir la responsabilité de chaque action. Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni le font de façon partielle, les autres belligérants, pratiquement pas108

Les États-Unis ne reconnaissent que 41 morts et 28 blessés parmi les civils, tant en Syrie qu’en Irak, à la date du 22 avril 2016109. Cependant à la même date, Airwars estime entre 1 064 et 1 638 le nombre des civils tués en Irak et en Syrie par les frappes de la coalition110.

2 oct. 2015 | Par René Backmann
Mediapart
Le président russe a proposé, à l’ONU, la création d’une grande alliance internationale pour vaincre l’État islamique en Syrie. Mais il juge que Bachar al-Assad doit y être associé alors que Barack Obama, comme François Hollande, estiment qu’il ne peut faire partie de la solution à la crise syrienne.

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mardi 26 juillet 2016 à 21h05 - par  Laurent Gensac

La déclaration du ministre de la Défense mentionnée par notre collègue dans le Commentaire ci-dessus, selon laquelle il assure avoir « frappé en Irak et en Syrie les 16 et 17 juillet » en réponse à l’attentat de Nice « pour contribuer à éradiquer définitivement ce cancer de Daech » semble ne pas correspondre vraiment à la réalité.

L’Agence de presse russe Sputnik rapporte en effet aujourd’hui que le représentant syrien auprès de l’ONU, Bachar al-Jaafari « accuse la France d’avoir frappé le village de Toukhan al-Koubra dans le Nord du pays alors que les combattants de Daech avaient auparavant quitté la localité » et que ce bombardement n’a causé la mort que de civils ; il met cela sur « le manque de communication entre les autorités syriennes et les forces de la coalition menée par les États-Unis et à laquelle participe la France. Selon lui, une meilleure coordination aurait pu permettre d’éviter ce genre de drame. »

Laurent Gensac

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