L’exemple à suivre !

lundi 8 août 2016
par  Le Président

La petite cité balnéaire de Messanges dans le département des Landes a attribué à la place où se tiennent, entre autres rassemblements, les sardinades festives d’estivants venus de tous pays, arrosées de vins rosés locaux, limés ou non, le nom référentiel de la République française :

ESPLANADE de la LAÏCITÉ

On ne peut que féliciter les élus de ce choix qui en encouragera d’autres à faire de même.

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L’exemple à suivre !
jeudi 1er septembre 2016 à 14h05 - par  Le Président

A lieux publics, fonds publics !

On se rappelle les discussions houleuses portant sur l’attribution de terrains municipaux en vue de l’édification de mosquées par le biais des « baux emphythéotiques », même que le Secrétaire d’État au logement d’alors, en 2011, en vint à déclarer que : « S’il le faut l’État y participera même si c’est contraire à la loi de 1905. »
A présent, par le fait de la Fondation de l’islam de France, créée en 2005, et dont Monsieur Chevènement en a hérité la responsabilité ces jours derniers, le financement d’établissements pour le culte musulman pose aussi, bien entendu, un problème à l’État ; si depuis les années 1980 celui-ci était en partie assuré par l’étranger, le risque de voir à présent des fonds publics attribués à des fins privées est à redouter. Pour preuve l’embarras ces jours-ci du premier Ministre déclarant « Nous ne parvenons pas à sortir d’une forme de contradiction : la laïcité nous enjoint de ne pas subventionner la construction de mosquées, mais nous laissons ainsi à d’autres le soin de financer les lieux de culte ». ( Le Monde, 26/08/2016 )

On lira à ce sujet et avec beaucoup d’intérêt, des extraits ci-dessous de la réaction d’Henri Pena-Ruiz,* bien connu de nous tous, parue ce 23 août sur le Site de Libération.

« Faut-il financer des lieux de culte musulmans sur fonds publics ? La question vient de ressurgir, rendue plus vive par la radicalisation islamiste. Le but serait d’éviter des prêches peu compatibles avec les principes de droit républicains et de tarir ainsi une des sources du fanatisme religieux. Dans cette hypothèse, les causes de nature sociale sont un peu vite passées sous silence.
Résumons pour l’heure un argument ressassé : payons des lieux de culte au lieu de laisser l’Arabie Saoudite le faire. Ainsi nous pourrons contrôler les discours qui s’y tiennent et leurs auteurs patentés afin d’éviter la propagation d’un islamisme fanatique. Bref, payons la salle de concert ainsi que l’orchestre et nous dicterons la musique. L’apparence de vérité d’un tel raisonnement n’est qu’un leurre.
La première remarque concerne le lien supposé entre le fait de payer un lieu de culte et le contrôle que cela rendrait possible. En République, ce lien n’existe pas juridiquement. Il ne peut se concevoir que dans le cas d’un particulier aisé qui finance un lieu de culte dont il exige la soumission idéologique en tout. Une étrange idée de la liberté religieuse. Quel croyant peut accepter ce chantage qui en somme achète la soumission ? « Je vous paie une mosquée. Mais attention à ce que vous y direz ! »
La deuxième remarque est un rappel. En République, nul besoin de payer pour contrôler. Ce n’est donc pas la domination qui joue, mais la loi commune à tous. Une loi que le peuple souverain se donne à lui-même, contrat de tous avec chacun et de chacun avec tous. L’égalité horizontale des contractants prend la place de la dépendance verticale. Et, pour obtenir le respect des droits humains qui fondent le contrat social, nul besoin de l’acheter. C’est l’essence même du droit commun qui vaut régulation. Un imam qui appelle à battre une femme, comme l’imam Bouziane à Lyon en avril 2004, est passible de poursuites pénales pour incitation à la violence et mise en danger de l’intégrité physique d’une personne. Un prêtre catholique intégriste qui inciterait à empêcher une représentation théâtrale ou la projection d’un film peut être poursuivi pour incitation à la violence.
Tel est l’État de droit et il n’a rien à voir avec le chantage implicite d’un financement public. L’origine du financement de la mosquée ou de l’église ne fait rien à l’affaire. D’ailleurs, vouloir payer pour contrôler, c’est faire preuve de condescendance pour les fidèles d’une religion, en se substituant à eux pour la délivrer de ses dérives intégristes. La République se contente de dire le droit et de poser, ainsi, les limites de pratiques religieuses qui lui contreviendraient. En parallèle, les religions doivent procéder à une adaptation issue de l’intérieur et non achetée de l’extérieur. Le raisonnement qui consiste à dire « payons pour contrôler » est en fait d’un autre âge. Il n’a rien à voir avec l’émancipation républicaine. Il remonte à trois modèles typiques du rapport de dépendance interpersonnelle propre à l’Ancien Régime : ceux du mécénat, du gallicanisme et du concordat. Un peu d’histoire.
Le mécénat intéressé fut longtemps le fait des rois, des empereurs ou des papes. Il opérait selon la logique d’une commande précise et conditionnelle : l’argent donné à l’artiste avait pour contrepartie la stricte conformité de l’œuvre au désir du payeur. Un exemple célèbre : le pape Clément VII commande à Michel-Ange une fresque à peindre sur le mur d’autel de la chapelle Sixtine, le Jugement dernier. Après six ans de travail, l’œuvre est dévoilée le 25 décembre 1541. Scandale. La nudité des corps expose la beauté des êtres humains. En 1564, Daniele da Volterra, disciple et ami de Michel-Ange, est chargé par le pape Paul IV de peindre des culottes sur les nus de la fresque. D’où son surnom de Braguettone (culottier). Cette censure a posteriori a transformé l’œuvre en chose possédée et ne l’a pas respectée. Autre exemple : Victor Hugo verra sa pièce Marion de Lorme censurée en août 1829 par le roi Charles X, qui lui proposera une pension de 4 000 francs comme dédommagement. Le poète refusera cette somme considérable, si manifestement liée à une volonté d’allégeance…
Quant au concordat, comme celui de Napoléon Bonaparte (1802-1807), il conjugue à l’égard des Eglises l’octroi de privilèges et la mise en tutelle, notamment par la nomination des responsables religieux. D’un côté, de l’argent et une reconnaissance publique pour les cultes et les clergés, de l’autre, une allégeance au pouvoir en place : tel est le marché. Le concordat napoléonien de 1802-1807 va s’assortir d’un catéchisme impérial et d’un sacre religieux. Napoléon ne restaure les privilèges des religions que pour obtenir en retour une sacralisation de son pouvoir. Aujourd’hui, dans un contexte républicain, un tel héritage n’a plus aucun sens. L’Etat ne contrôle plus l’Eglise, dont il entérine sans discussion les nominations. En revanche, celle-ci continue à jouir des privilèges juridiques et financiers sans contrepartie. Aussi injuste qu’anachronique, le concordat met à la charge de contribuables athées ou agnostiques l’entretien de cultes auxquels ils n’adhèrent pas. Il détourne ainsi l’argent public vers des intérêts particuliers, au détriment des services publics d’intérêt général.
Une République digne de ce nom ne peut reprendre à son compte des pratiques de l’Ancien Régime. D’abord, elle oublierait que dans un Etat de droit, c’est par les lois que l’on empêche a priori et que l’on sanctionne a posteriori tout agissement qui contrevient aux principes fondateurs de l’ordre public. Ensuite, elle violerait le principe d’égalité des athées et des croyants en faisant payer aux premiers les dépenses cultuelles des seconds. Etrangement, c’est ce principe d’égalité que M. Ries, maire socialiste de Strasbourg, oublie et bafoue en soutenant le financement concordataire des religions. Pourquoi ne pas financer aussi la Libre pensée, l’humanisme de la franc-maçonnerie et l’Union rationaliste ? Enfin, la dépense publique, si décriée par le néolibéralisme, se trouverait alourdie au profit d’intérêts particuliers alors que des dépenses d’intérêt général sont négligées.
Est-ce le dernier mot ? Non. Car si la lutte contre la radicalisation intégriste est une exigence, il faut remonter à toutes ses causes. Or, le capitalisme néolibéral ne cesse de privatiser, de détruire les services publics, de produire du chômage en externalisant les coûts sociaux, écologiques et humains. Il transfère à la charité religieuse ce qui naguère relevait de la solidarité propre à une république sociale. Un transfert dangereux qui accroît les occasions d’intervention de responsables religieux parfois hostiles aux lois républicaines. Le couplage entre la dérive néolibérale et le retour en force des cléricalismes les plus intolérants n’a rien d’un hasard. Qui est responsable de cette terrible dérive ? Ceux qui laissent la place aux religions pour panser les plaies d’une société malade, d’un lien social vidé de son sens humain, d’un bien commun sans moyens réels pour faire vivre la solidarité. »

* Ouvrages :
Dieu et Marianne, PUF, 2001, Col. Fondements de la politique, 378 p.
La Laïcité, Flammarion, 2003, Col. Corpus, n° 3067, 254 p.
Qu’est-ce que la laïcité ?, Gallimard, 203, Col. Folio, n°104, 347 p.
Entretien avec Karl Marx, Plon, 2012, 175 p.
Dictionnaire amoureux de la laïcité, Plon, 2014, 910 p.

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L’exemple à suivre !
samedi 27 août 2016 à 20h28 - par  Le Président

Le Conseil d État ignorerait-il la Loi de 1905 ?

Le Conseil d’État vient d’invalider par Ordonnance du 26 août 2016, l’Arrêté municipal du 5 août pris par le maire de la commune de Villeneuve-Loubet dans les Alpes-Maritimes, interdisant notamment, sans le nommer, le port du « burquini », vêtement de bain recouvrant intégralement, sauf le visage, le corps des musulmanes sur la plage ou dans l’eau.
Cette décision intervient à la suite d’une requête déposée auprès du Conseil d’État par la Ligue des droits de l’homme et l’Association de défense des droits de l’homme Collectif contre l’islamophobie en France.
Ces plaignants contestent l’Arrêté du maire parce qu’il y est précisé notamment que « l’accès à la plage est interdit…à toute personne ne disposant pas d’une tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et du principe de laïcité… » et que « Le port de vêtements pendant la baignade ayant une connotation contraire aux principes mentionnés ci-avant est strictement interdit sur les plages de la commune. » .
On remarque que cet Arrêté fait mention à la laïcité et à ses principes et cela est normal de la part d’un élu, donc tout à fait recevable ; ensuite, nous ne le savions pas, mais on en apprend tous les jours, qu’il « porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de manifester ses convictions religieuses… » Tiens, mais y a-t-il vraiment en France « la liberté de religion » ? Non.
C’est là une interprétation aberrante et une accusation maligne et même une insulte inacceptable envers la République et la loi de 1905 de Séparation des Églises et de l’État de la part de ses détracteurs qui souhaiteraient bien cette « liberté de religion », comme elle existe chez leurs confidents étasuniens par exemple, où le président prête serment sur la Bible et où les athées, s’ils ne sont pas pourchassés, ils n’en sont pas moins considérés comme n’étant pas véritablement des êtres humains !
La République laïque permet à chacun de croire ou de ne pas croire, d’exercer librement un culte, mais sous des « restrictions » ! La première, et on peut dire la plus importante dans le cas dont il est question ici, est qu’elle ne reconnaît aucun culte, et ce « dans l’intérêt de l’ordre public. »
Alors le premier des comportements digne de raison, dans la grande et passionnante et enrichissante mixité de la population française c’est de ne pas faire reconnaître d’aucune manière son appartenance à un culte et d’avoir ainsi une vraie démarche de civilité !
C’est ce que ne voit pas le Conseil d’État, ni les plaignants ; c’est que ce fameux « ordre public » qui est dans toutes les bouches et sur tous les écrits, il est tout entier contenu dans ce Principe même de la loi de 1905, et il agit en amont de tout désordre dans les consciences et dans les comportements ; la loi, comme toute loi est d’abord l’expression de la prévention. Suivons-là, il n’y aura plus de troubles à l’ordre public à réprimer, ni de restrictions aux libertés des citoyens à trouver. La laïcité c’est la coexistence, dans le silence du spirituel.

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