ON se calme et ON éduque

jeudi 1er septembre 2016
par  Atheïsme International

ON se calme et ON éduque

La Ligue des droits de l’homme avait déjà déclaré à propos du maire de Cannes, ( l’Humanité du 17/08/2016 ) qu’il « détourne la laïcité de sa vocation…en organisant la discrimination entre les femmes qui ne commettent aucun délit en ayant une certaine pratique de leur religion. » ; et le journal d’affirmer qu’avec le « burkini la droite attise les provocations », avant d’ajouter « Aucune loi, en effet, n’interdit le port de signes religieux dans l’espace public » ; position identique qu’on retrouve aussi à la Une de L’Opinion, journal de droite, en date du vendredi 26 août : « Comment au nom de la laïcité, c’est-à-dire au nom de la liberté pour chacun d’exercer sa religion, oser une telle entorse aux libertés publiques ? Impensable. »

Ce qui est impensable, c’est qu’on puisse s’exprimer de la sorte, en véritables détracteurs de la laïcité ; on en a déjà parlé ( voir ici : Détracteurs de la laïcité, 09 /09/2013 ) .

Ou bien ils sont vraiment dans la méconnaissance totale de la loi Concernant la Séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905, ou bien alors ils feignent de l’être afin que ce qu’ils écrivent et affirment, apparaisse comme étant la vérité sur la laïcité.

Aussi on se doit de rétablir, une fois encore, mais la répétition n’est-elle pas aussi un des outils pédagogique de l’enseignement, afin d’écarter le faux du vrai.

A la base de tout il y a le mot république, avec son sens réel, étymologique qui doit être connu et retenu : il vient du latin res publica, qui signifie la chose publique ; ce qui est du domaine public est commun à tous.

Or, est-ce que la croyance, ou la non-croyance, est chose commune à tous ? Non.

De ce fait, afin de mettre un terme aux tracasseries, aux massacres, aux guerres entre les différents cultes, à la chasse aux hérétiques, il a fallu attendre d’abord que la France se dote d’une république : 1792 ; qu’ensuite elle commence à laïciser la société : l’état civil, le calendrier, qu’elle arrête que : « ART. 2 – La République ne reconnaissant point de culte dominant ou privilégié, toutes les enseignes religieuses, qui se trouvent sur les routes, sur les places et généralement dans tous les lieux publics, seront anéantis. ART. 3 – Il est défendu sous peine de réclusion à tous les ministres, à tous les prêtres, de paraître ailleurs que dans leurs temples avec leurs costumes. » :1793 ; qu’un Décret de la Commune de Paris, le premier dans l’histoire de la France, du 3 avril 1871 précise enfin : « L’Église est séparée de l’État et le budget des cultes est supprimé. », pour qu’enfin une loi soit votée sur ce principe et qu’elle est toujours en vigueur : 9 décembre 1905. ( Voir à l’ouverture de ce Site ses « Principes » et lire aussi l’ensemble des 43 articles )

La loi ne stigmatise personne, n’interdit à quiconque d’avoir et d’exercer un culte ou de ne pas en avoir, au contraire même elle en « garantit le libre exercice », mais en même temps elle en précise les limites justement dans l’intérêt de l’ordre public ; car l’histoire – on vient de le voir – nous a appris, aux uns et aux autres, qu’une idéologie telle que l’idée de Dieu, n’est pas commune à tous et donc qu’elle doit rester dans le strict domaine de la vie privée et non pas apparaître dans l’espace public, au risque d’en troubler la tranquillité.

En France l’accès à l’espace public est ouvert à tous dans une complète égalité, mais comme les croyances ne sont pas communes à tous les citoyens, il ne peut être pluri-confessionnel, mais non-confessionnel.

Aussi des abus flagrants de prosélytisme, des interprétations erronées, comme on peut en voir, en lire ou entendre, relèvent soit de l’ignorance de la loi, soit de la provocation ; telle l’ONU qui au lieu de souffler sur les braises, ferait mieux de proposer que cette loi soit appliquée mondialement.

Alors il est du devoir des autorités compétentes, en premier lieu des maires, de réagir : dans le premier cas par l’éducation, dans le second par la justice et par l’éducation.

Il n’y a pas d’autre alternative pour obtenir et maintenir, et cela dès l’école de la République, ce qu’on appelle le « vivre ensemble », c’est-à-dire la civilité et le civisme entre tous les citoyens car Nemo est supra legis, nul n’est au-dessus des lois.


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