Après 25 ans qu’est-ce qui a changé…

dimanche 25 septembre 2016
par  Atheïsme International

Jeudi 14 février 1991

« Geoges Bush s’est déclaré, lundi, satisfait des résultats obtenus par la coalition des armées qu’il commande depuis son bureau de Washington. Il a décidé l’intensification des bombardements. Le massacre de milliers de civils de toutes nationalités l’indiffère pourvu qu’il puisse asseoir l’autorité politique et économique des USA sur le reste du monde. »

( J-P Delahaye, l’Humanité , 14 février 1991, Massacre prémédité, p.2 )

Lundi 25 février 1991, onze jours après, c’était le ralliement du PS aux côtés des USA dans la première guerre contre l’Irak.

( l’Humanité, 25 février 1991 )

Marche pour la paix

Samedi 24 septembre 2016

De Mitterrand à Hollande le PS reste le PS

A Paris le rendez-vous étant fixé Place de la République, nous y allâmes et arrivâmes un peu à l’avance comme cela se fait. Déjà en montant les dernières marches de la station de métro, on entendit une musique festive et une odeur de saucisses grillées excitait nos narines.

Mais une fois sur la place on fut saisi par une foule disparate, gaie, allant et venant et affichant de curieuses informations bien éloignées du but que nous pensions trouver :

les uns invoquant la damnation qu’il y a à se nourrir de viande animale, les autres photographiant un amas de jolies filles en maillots de bain très sexys, on ne sut trop pourquoi ; d’autres enfin, des jeunes, entre dix et treize ans s’excitant sur des tables à des jeux-picards ou autre Trou Madame…Nous tournâmes et retournâmes parmi cette foule folle bigarrée, mais rien, pas une trace de forts en gueule parlant paix.

Il allait être quinze heures quand nous aperçûmes au loin vers la rue du faubourg du Temple un drapeau rouge flottant au vent du sud et qui portait les lettres CGT.

On parvint à s’extraire de la place de la République carrément monopolisée, et on vit en effet quelques dizaines de personnes : c’étaient bel et bien les camarades de la Paix ; pas loin flottait aussi le drapeau du PCF ; on vit alors banderoles, panonceaux, auto-collants et autres cartons ou tissus, comme nous, d’organisations, d’associations sur lesquels le mot Paix était inscrit.

Il y eut une allocution de la représentante du Mouvement de la paix, brossant à grands traits le sens de cette Marche à l’occasion de la Journée internationale de la paix, et dont les idées fortes étaient : « Stop à la guerre, stop aux violences » ; cependant un flou certain demeura quand il aurait été souhaitable qu’on parlât de la position de la France vis-à-vis de la Syrie et de sa place au sein de la Coalition arabo-occidentale conduite par les États Unis, même si la nécessité d’un paix réelle en Palestine fut évoquée.

Enfin nous partîmes ; nous étions cinq cents, peut-être sept, mais en arrivant à la gare de l’Est nous nous vîmes deux mille et cela sans surveillance policière, seulement une voiture de police à l’avant, une autre à l’arrière. Petit cortège, beaucoup de têtes chenues, sauf erreur pas de « référents » politiques, hormis le secrétaire national du PCF qui passa serrer quelques mains.

Cependant cette Marche à pas lents ouvrit naturellement l’occasion de dialoguer sur la paix et la guerre, et on se rendit compte que des divergences notoires existaient dans l’analyse portée sur cette réalité répétée depuis quatre ans par nos gouvernants : « La France est en guerre ».

Ce « stop à la guerre » n’exclut pas chez certains qu’il faille la faire pour le « bien » de la Syrie, car le président Bachar el-Assad massacre son peuple, c’est un dictateur comme le furent Kadhafi et Saddam Hussein. Difficile de faire comprendre à ce niveau la différence existant entre : prétexte et cause.

En somme certains citoyens marchaient sincèrement pour la paix tout en étant partisans de la guerre !

L’analyse argumentée et pédagogiquement proposée par le dialogue aura-t-elle une suite…

lors de la manifestation du 14 février 1991 portant aussi sur les rassemblements pour la paix en Irak ; on peut y lire : ARRETEZ LA GUERRE ! ( l’Humanité 14 février 1991 )

ce qu’on n’ a pas vu écrit ni entendu ce samedi 24 septembre 2016

Et le soir à l’écoute des journaux télévisés ou radiodiffusés, ça va de pair, pas la moindre information sur cette Marche.


Commentaires

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Après 25 ans qu’est-ce qui a changé…
vendredi 30 septembre 2016 à 22h54 - par  Laurent Gensac

Ah ! L’ horrible chose…

M. Stephen O’Brien, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence (OCHA), nommé à ce poste par le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, a déclaré hier que la situation à Alep est « la plus grave catastrophe humanitaire jamais vue » en cinq ans de guerre, rapporte l’Agence France Presse.

Cette précision de « cinq ans de guerre » est donnée par l’AFP, M. O’Brien n’étant en fonction que depuis mars 2015.
Elle a le grand mérite de nous éclairer et de nous révéler qu’il y a donc une guerre horrible en Syrie !

Jusqu’à présent les médias et les mouvements politiques en général nous avaient convaincus, que la Coalition arabo-occidentale était « seulement en guerre contre Daech », ces djihadistes qui sèment la mort tant en Irak qu’en Syrie, et ailleurs, jusque chez nous et nos voisins, et même chez les étasuniens.
Ceci est tellement vrai que lors même de la Marche pour la Paix de samedi dernier à Paris, à part nous, et une autre association, qui avions un panonceau sur lequel était écrit « Stop à la guerre en Syrie », on nous fit remarquer que cela ne correspondait pas tout à fait à la réalité ; qu’il fallait seulement rompre avec les « vertiges de guerre » ; que même le secrétaire national du PCF dans sa brève déclaration parla plutôt qu’il fallait organiser « une grande mobilisation pacifiste », mais n’annonça point qu’il y avait une guerre en Syrie depuis 5 ans et qu’il fallait exiger qu’elle cesse.

Qu’est-ce que tout cela veut dire ? Pourquoi taire ce qui est évident ?
Il y a 25 ans nous défilions, les photos de l’Humanité ci-dessus sont là pour le prouver, en scandant « Arrêtez la guerre ! ».
Aujourd’hui nous devons avoir la même position car ce sont les mêmes, les USA en tête, avec la France socialiste de Hollande, unis dans la Coalition arabo-occidentale, qui ordonnent les tueries, les massacres, les bombardements sur le sol syrien par l’intermédiaire de Daech, leurs hommes de mains, qui interviennent sur place en armant « l’opposition syrienne ».
Tout cela pour des raisons purement économiques et politiques : placer des hommes à eux au pouvoir à la place de Bachar el-Assad, favoriser le pétrodollar, et contrer la Russie, le but de toujours depuis 1945, alliée militaire de la Syrie.

Nous ne pouvons cautionner une telle politique.
Nous n’accepterons jamais de participer – car de cela on en parle beaucoup – à un scrutin, quel qu’il soit, tant que la France sera en guerre, qu’elle n’aura pas quitté cette Coalition du meurtre organisé par les étasuniens, qu’elle ne sera pas sortie de l’OTAN.
Notons à ce sujet une note encourageante : la déclaration de Jean-Luc Mélenchon vendredi dernier, juste à la veille de la Marche de la Paix, faite à Berlin lors d’une réunion organisée par Die Linke* à propos d’une sortie des Traités européens : « Des pulsions à la guerre sont revenues, des irresponsables, à l’est de l’Europe veulent à tout prix d’un choc avec la Russie ; l’OTAN est déjà arrivée et a installée ses bases et ses fusées. Et bien, c’est à nous de dire que les Russes ne sont pas des adversaires, ce sont des partenaires, et nous ne voulons pas de la guerre avec eux ! ( Applaudissements ) Nous n’en voulons pas ! Nous ne voulons pas de cette politique qui pousse les peuples à s’affronter les uns les autres. »

*( La Gauche )
Laurent Gensac

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