Les tartuferies du Conseil d’Etat

mercredi 9 novembre 2016
par  Gérard

Depuis 2010 et une fameuse Liste chrétienne qui garnissait les tables du bureau de vote d’un local public lors d’une élection organisée par la République française, et dont nous avions dénoncé, au nom de la loi de 1905 sa présence dans ce lieu, mais pour être à la fin déboutés par un argument mineur, au vu du non respect flagrant du principe de laïcité, la tartuferie du Conseil d’État n’est plus à démontrer.

Pour preuve encore sa déclaration d’aujourd’hui 9 novembre 2016 portant – depuis les provocations débiles notamment de Monsieur Ménard dans la mairie de Béziers – sur l’ « Installation des crèches de Noël dans les espaces publics. »

Que dit-il ? Et bien il dit ceci : « Un crèche est une représentation susceptible de revêtir une pluralité de significations »

Ta ta ta ! Nous savons, même nous les athées, que la crèche représente la naissance du Christ ! Le 25 décembre, avec l’âne et le chien ! Ah ! non, ça c’est La Fontaine ; avec la Sainte famille ! Celle de Marx et Engels ? Mais non ! Oui, bon enfin les bergers, les Rois mage... etc. Mais tous les citoyens de ce pays savent ça ! Et quelle autre signification pourrait donc revêtir la crèche de Noël ?

Et bien, le Conseil d’État, c’est là toute sa subtilité, son inventivité, sa volonté de satisfaire tout le monde et son père, dit certes que la crèche de Noël représente « une scène qui fait partie de l’iconographie chrétienne », qu’elle « présente un caractère religieux » mais, et c’est là toute sa tartuferie, qu’ « il s’agit aussi d’un élément faisant partie des décorations et illustrations qui accompagnent traditionnellement, sans signification religieuse particulière, les fêtes de fin d’année ».

Donc qu’on pourra installer des crèches dans un lieu public, même si dans la loi du 9 décembre 1905 concernant la Séparation des Églises et de l’État, il est précisé à l’article 28 qu’ « il est interdit l’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux en quelque emplacement public que ce soit ».

Mais nous ne doutons pas un instant que les élus de la République sauront choisir entre un conseil ambigu et une authentique loi.

Voir le texte officiel ici


Commentaires

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Les tartuferies du Conseil d’Etat
jeudi 17 novembre 2016 à 12h36 - par  Olivia Dune

Oui, en effet, on demeure stupéfait par l’utilisation que fait le Conseil d’État du terme « neutralité » et des expressions « principe de neutralité », « personnes publiques » qui rappelle-t-il sont la base même des principes de la loi de 1905.
Or, chacun pourra vérifier ici, dès l’ouverture du Site, en lisant les deux Principes fondamentaux, et en lisant aussi la loi dans son intégralité, que ces deux expressions ne figurent ni dans les Principes, ni dans aucun des 43 articles qui la composent. Par contre on y trouve les expressions : « associations ou unions cultuelles, monuments publics, emplacement public, autorité publique, la présente loi édicte des pénalités ».

Le Conseil d’État persiste pourtant dans des explications ambigües du sens qu’il entend donner à sa « neutralité », mais ce n’est que du galimatia et non du raisonnement, car l’idée d’une « neutralité de l’État » est une fausseté, un leurre, qui ne sert qu’à maintenir un sorte de lien de reconnaissance envers ce que la loi ne reconnaît plus : les cultes ! ; et ce discours doit être rejeté et combattu car il ne fait qu’entretenir les nostalgiques, de tous bords ou presque, d’une époque révolue en utilisant les fameux slogans de laïcité « positive », « ouverte » « de combat », « moderne », etc., tout comme le contenu révisionniste des rapports des Commissions Stasi ou Machelon, le tout assaisonné d’un regain de « tolérance », cherchant peut-être même à remettre en question la chose publique, ce qui est commun à tous, c’est-à-dire la république.

Et quand il aborde le sens de l’Article 28 de la loi de 1905, c’est bien sûr avec la même intention d’ambigüité .On le sait l’Article 28 de la loi de Séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905 précise qu’ « Il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit. »

C’est alors le moment aujourd’hui, après l’importante action citoyenne de défense de la laïcité menée sur ce Site auprès des autorités compétentes de la République, de dénoncer haut et fort la forfaiture faite par le Conseil d’État, lorsqu’il n’a pas manifesté catégoriquement et publiquement, comme il aurait dû le faire son opposition, le 12 avril 2015 à la pose de la croix chrétienne sur le dôme du monument national le plus prestigieux de la République, le Panthéon, au nom précisément de l’Article 28 de la loi de 1905.
Et on pourrait aussi bien y ajouter la station du RER parisien placée en plein « Quartier latin » à deux pas de la Sorbonne, du Collège de France et de la Faculté de médecine, lieu public s’il en est, mais qu’on a baptisée n’est-ce pas de « Saint-Germain Notre-Dame » ; sans doute, pour le Conseil d’État le « Quartier latin » a lui aussi « plusieurs significations » et justement celle de rappeler Dieu !

Après cela quelle crédibilité peut-on accorder aujourd’hui à ces « décisions » !

Au passage, il est bon de noter et de rappeler, que la teneur même de cet Article 28 émane de la Révolution française ; il se trouvait déjà inscrit dans le Décret de la Convention du 3 ventôse, Article VII, An III de la République ( 21 février 1795 ) : « Aucun signe particulier à un culte ne peut être placé dans un lieu public, ni extérieurement, de quelque manière que ce soit. » La laïcisation de la société, rappelons-le aussi, ayant commencé tout de suite après la proclamation de la Première république française ( 21 septembre 1792 ; 1er Vendémiaire An I,) avec la laïcisation de l’état civil, du calendrier et des noms des communes, rues et même de la cathédrale de Paris, nommée Temple de la Raison !

Alors que cet honorable aréopage constitutionnel veuille bien cesser d’ergoter sur le principe de la laïcité républicaine aujourd’hui encore, et qu’il cesse aussi de considérer les citoyens français comme des ignorants en écrivant par exemple qu’ « une crèche peut avoir plusieurs significations » qu’ « Elle présente un caractère religieux ; mais aussi un élément des décorations et illustrations qui accompagnent traditionnellement les fêtes de fin d’année, sans signification religieuse particulière. » Les moments de liesse du nouvel An sont une chose commune à tous ; les moments « festifs » devant le gentil Jésus dans la crèche, ne concerne au vu de la loi de la République que les chrétiens.
Affirmer que les deux fêtes pourraient avoir un lien entre elles est inacceptable, c’est une chose indigne du Conseil d’État de s’abaisser ainsi jusqu’à trahir l’esprit de la loi de 1905.

Olivia DUNE

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jeudi 17 novembre 2016 à 16h48 - par  Gérard

Ce qu’il aurait fallu faire Le panthéon Laîcisé

Document joint :  panthe_on_lai_cise_.jpg