CINEMA Abemus papam de Nanni Moretti

lundi 19 septembre 2011

Avec son nouveau film, Nanni Moretti nous plonge dans le milieu très clos du Vatican, et qui plus est, en un moment des plus hermétique, des plus secret du fonctionnement de l’Eglise apostolique et romaine, celui de l’élection d’un nouveau pape ; puisque, comme chacun sait, seule la fumée sortant d’un minuscule tuyau de poêle dépassant du toit du Vatican, informe le monde entier que l’élection a bien eu lieu. Les images étonnantes de réalisme de cette assemblée de cardinaux, Moretti faisant un pied de nez au rite du huis clos, nous plonge un moment dans le doute de sa réalité ; seule, pour nous, la présence en pourpre cardinalice de Michel Piccoli nous confirme qu’ils sont tous plus vrais que les vrais. Alors le cinéma commence…

Et ici, comme dans ses précédents films, il y est question de société, des structures et des individus qui la composent ; après la structure politique berlusconienne avec Le Caïman ; la structure religieuse avec un moment du fonctionnement de l’Etat du Vatican ; sans oublier un liant, le psychanalyste, devenu très populaire dans un monde qui patauge dans le bourbier démocratico-capitalo-religieux, rôle tenu par Moretti lui-même, comme dans La Chambre du fils.

On ne va pas dévoiler l’histoire qui se bâtit sur un suspens, mais seulement dire que ce film est très important par les thèmes qu’il soulève ; notamment celui de la recherche de l’homme « réel », débarrassé des astreintes psycho-sociales, culturelles, religieuses, et capable d’affirmer son indépendance, et celui de la « représentation » dans le sens où l’on se donne comme but de représenter un mouvement, une idéologie, de parler-au-nom-de ; être ou ne pas être un « guide », telle est la question. Il y a ici un bel exemple de réponse.

Ainsi elle peut, elle doit sans doute, se poser, dans les différentes sphères de la vie publique comme par exemple, à la veille d’élections aussi importantes que celle de donner un « guide » à une république.

Dernière phrase du film prononcée par le pape élu ( Michel Piccoli ) du haut du balcon devant la foule amassée : " Je sais que je suis de la race de ceux qui ne peuvent guider, mais de ceux qui doivent être guidés... Le guide dont vous avez besoin ce n’est pas moi, ça ne peut en aucun cas être moi."

A voir absolument.

Le président



Navigation

Brèves de la rubrique